LES 15 GRANDS DE LA SCIENCE-FICTION

PHILIP K. DICK


Par sa tendance à la schizophrénie, son expérience de la drogue, sa technique littéraire révolutionnaire, il appartient. à la dernière génération des écrivains de S.F., dont il est un des chefs de file. Pourtant son age fait de lui un grand frère, presque un oncle, pour les Samuel Delany et les Roger Zelazny: il est né en 1928 et a fait ses déuts en 1952 comme Sheckley. Seulement la vision sarcastique de Sheckley triompha tout de suite et fit de lui l'auteur par excellence des années 50, alors que la vision tragique de Dick mit beaucoup plus longtemps it s'imposer au public comme à lui-même. A ses débuts, il se présente un peu comme un disciple de Van Vogt, avec un roman, Loterie solaire (traduit dans Galaxie-bis) et quelques dizaines de nouvelles, dont bon nombre furent traduites dans la défunte revue Satellite; son chef-d'oeuvre de cette époque Le père truqué (Fiction, no 29) fut repris dans trois des cinq anthologies publiées à ce jour en France, ce qui en dit long sur l'originalité des anthologistes. En 1958, son système change: il ne publie plus que deux ou trois nouvelles par an, et se concentre sur les romans - vingt cinq à ce jour, dont L'homme dans le haut-château (1962) et Docteur Bloodmoney (1965), à paraitre au CLA en un volume; Le dieu venu du centaure (1964) publie dans Galazie-bis; En attendant l'année dernière (1966) et A rebrousse-temps (1967), publiés au CLA en un volume. Son meilleur roman est sans doute L'homme dans le haut château, qui lui valut le Hugo, mais son «livre est surtout remarquable par la cohérence de son inspiration. L'oeuvre de Philip K. Dick reflète parfaitement l'Amérique des années 60, et nous rapproche étonnement du moment où la S.F. se confondra avec le reste de la littérature - où sera la littérature, tout simplement.